Mon parcours

Né en 1959, autodidacte, je dessine et je peins depuis plus d’une quarantaine d’années.

Dès le collège j’aimais prendre un crayon et gribouiller, comme ça, pour goûter par instinct à ce plaisir immense.

C’est en regardant les couleurs de l’automne que le déclic s’est produit, j’ai eu soudain le désir de passer du simple dessin à la peinture et de réaliser de vrais tableaux.

Avec de la gouache d’abord, je reproduisais des cartes postales de mon village.

Puis je suis tombé amoureux de l’impressionnisme. Claude Monet surtout.

La peinture impressionniste me semble être source de joie, je ne l’ai jamais oubliée.

Alors je suis allé moi aussi peindre en pleine nature de nombreux paysages de la région drômoise, de l’Ardèche et plus tard de la Loire et des vues de Lyon.

J’ai étudié en FAC la philosophie jusqu’à la Maîtrise mais c’est la peinture qui me tenait toujours le plus à cœur. Je mes servais de photographies dans les magazines au gré de ma fantaisie.

Malheureusement, je suis tombé malade et peu à peu ma peinture a changé. J’ai perdu la capacité de peindre avec sérénité, application et patience.

Je ne pouvais procéder que de façon pulsionnelle, violente, hachée en appliquant directement le tube d’huile sur la toile.

J’ai rencontré des peintres de ce qu’on appelle « l’Art Singulier ». Il s’agit d’une peinture dont l’expression échappe à toutes normes plastiques convenues et académiques. C’est un mode figuration totalement libre et brut.

Je me suis alors lancé dans une longue série de portraits imaginaires qui expriment le plus souvent l’étonnement dramatique, proche de l’effroi d’où peut jaillir un cri de terreur et de détresse. Ces visages parfois défigurés sont là pour signifier l’homme détruit, enfermé, en proie à une immense déréliction.

Mais, progressivement, je me suis heurté aux limites de l’horreur, il arrive un moment où, malgré la présence de la maladie, il faut cesser d’avoir comme unique source d’inspiration la souffrance, la morbidité voie le désespoir.

Cette peinturelà me renvoyait l’image obsédante et triste de ce qui n’est que négatif ou reflet de la mort.

Peu à peu j’ai éprouvé le besoin de revenir à la vie, j’ai retrouvé cette soif du plaisir et de la joie de peindre. Il ne s’agit pas pour moi de faire de « la jolie peinture » ni parce que cela « se vend mieux » mais j’ai ce désir enfoui de vouloir célébrer la beauté des choses.

EIl me reste encore beaucoup à travailler en quête de la grâce incertaine d’offrir l’espace du chant simultané des couleurs et de la lumière.

Didier Burgaz

Peintre